


Il n'y a plus personne dans la ferme à côté
Ils ont déménagé, les voisins...
Ils ont brûlé dans la cour, des tas de vieux papiers
Avant de partir ce matin.
Il n'y a plus grand monde, maintenant, au bourg, à qui parler
Depuis qu'est mort le vieux Tonin...
D'ou je suis je regarde au loin dans la vallée
Puis je parle un peu, à mon chien...
Ca tue le temps...
J'ai préparé la soupe, pour mon chien et pour moi
Il doit rester un peu de vin...
Demain, faudra que je pense à couper du bois
Et que j'achète un ou deux pains...
Je passerai peut-être, par le vieux sentier
Et puis si j'y pense, en chemin
Je prendrai quelques champignons, dans un panier,
C'n’est pas que je les aime bien... mais...
Ca tue le temps...
Peut-être qu'un jour, moi aussi, je partirai...
Mais la ville, c'est un peu trop loin...
Je n'sais pas trop et comme c'est là que je suis né...
Et puis, je n'ai jamais pris le train...
Tant que je reste, le village n'est pas vraiment mort
Puisqu'il y a au moins un habitant...
Puis aux beaux jours, y'a des gens qui viennent du nord
Et qui passent de temps en temps... et...
Ca tue le temps...
Pierre Coutreau - février 1992

