
Et puis…
J'ai rangé mes chagrins au fond de ma mémoire
Entre ces vieilles lettres et ce tas de mouchoirs.
Et puis…
J'ai secoué mon cœur de ces vieux souvenirs
Eux qui me faisaient peur, m'empêchaient de dormir.
Et puis…
J'ai laissé sur le lit cette photo de toi
Et je l'ai regardée, une dernière fois
Et puis…
J'ai poursuivi ma route sans me retourner
Marchant où le destin voudrait bien me mener.
Et puis…
J'ai rencontré des gens que je ne connaissais pas
Qui me disaient des mots que je ne comprenais pas
Et puis…
J'ai croisé ce regard et j'ai cru à l'amour
Illusion provisoire qui n'a duré qu'un jour
Et puis…
J'ai traversé les dunes et marché vers la mer
Le sable chaud était un peu comme un désert.
Et puis…
J'ai scruté l'horizon pour trouver des bateaux
Et m'en aller là bas voguer au fil de l'eau.
Et puis…
Les bateaux qui passaient n'ont pas voulu de moi
Ils étaient bien trop loin et ne me voyaient pas…
Et puis…
Comme la nuit venait, j'ai dormi sur la plage
J'avais pour oreiller, un tas de coquillages.
Et puis…
Quand au petit matin quelqu'un m'a réveillé
Ils étaient deux gendarmes, ils parlaient de papiers…
Et puis…
Ils criaient des mots forts, comme vagabond
Voyou, bandit, menottes et puis ce mot, prison…
Et puis…
Quand je me suis enfui en courant vers la mer
Ce bruit a retenti comme un coup de tonnerre…
Et puis…
Mon corps s'est effondré, pourtant je cours encore
Les gens qui regardaient disaient que j'étais mort.
Et puis…
Depuis j'habite là, le long de cette plage
Ma nouvelle demeure c'est tout ce paysage
Et puis…
Si vous passez par là, les soirs de pleine lune
Vous m'entendrez chanter, là, assis sur la dune…
Vous me dites……… Et alors ?
Alors j'ai tous les droits, puisque je suis mort.
Pierre Coutreau le 29 mai 2003
