






Reproches.
Ah, te voilà enfin, il est déjà minuit…
J'ai failli m'assoupir à espérer ton pas
Sais-tu que certains soirs, quand me gagne l'ennui,
J'en arrive à rêver que tu ne viennes pas.
Sais-tu qu'au fil des jours tu as usé ma peine,
Que je ne pleure plus… enfin, bien moins souvent.
Comme il est loin ce temps où tu étais ma reine…
Nous regardions alors l'avenir en rêvant.
Où sont nos mots câlins, nos gestes de tendresse,
Les billets doux laissés autrefois sur la table.
Où sont donc nos baisers et nos belles caresses.
La mer a effacé nos deux noms sur le sable…
Pourtant lorsque je pense à tout ce qui fut nous,
Je me dis, seulement : ça n'était pas si moche.
Je me demande alors, mais lequel d'entre nous
Aurait le droit de faire à l'autre des reproches.
Pierre Coutreau le 22 juin 2005