
Je viens de refermer la dernière valise
Où j'ai mis à la hâte, avec quelques chemises
Une photo de toi et ta dernière lettre.
Mon train part dans une heure et je suis en retard
Mais avant de me rendre jusqu'à ce quai de gare,
Je regarde la rue, penché à la fenêtre…
Souvent je t'observais, quand tu venais me voir
Suivant ton pas léger le long de ce trottoir
Tes cheveux dans le vent, semblable à une Fée…
Tu mettais du soleil dans cette sombre rue…
Et moi à chaque fois, bouleversé, ému,
En croisant ton regard, j'avais le cœur défait…
Il est temps de partir… En fermant la fenêtre,
Je sens bien que je tourne, une page de ma vie…
Mais de pleurer encore, je n'en ai plus envie…
Je ne veux plus me dire : « Elle reviendra peut être…»
J'ai joué, j'ai perdu, la vie est ainsi faite
Je préfère rester seul, pour goûter ma défaite.
Et je m'en vais plus pauvre, de toutes les richesses
Que j'aurais pu avoir, car j'ai usé longtemps
Des beaux jours de ma vie à voir passer le temps…
Mais je suis aujourd'hui, plus riche de sagesse.
Pierre Coutreau.
Samedi 13 septembre 2003… Il fait beau, mais j'ai froid…